Outils pour utilisateurs


Positions publiques

Dans cette section, les positions publiques des autorités politiques et spirituelles.

A noter, le volte-face extraordinaire du Parti Socialiste. Rare sont les retournements aussi rapides, et aussi explicites.

Autorités politiques

Front de Gauche

Jean-Luc Mélenchon : « En proposant de généraliser le travail du dimanche, Nicolas Sarkozy s'en prend une fois de plus aux conditions de vie de ceux qui n'ont pas la possibilité de refuser le pire. Je m'oppose absolument et formellement au travail du dimanche qui détruit la vie de famille et se met au service d'un consumérisme aveugle. Je dénonce cette escalade de trouvailles contre les petits bonheurs simples de la vie des gens simples. » 1)

Parti communiste

Les sénateurs du groupe communiste et du parti de gauche (CRC-SPG) annoncaient en 2009 qu'ils voteraient “résolument contre” la proposition de loi sur le travail du dimanche “pour empêcher le +travailler plus pour gagner pareil+”, car elle “banalise le travail le dimanche et réduit les droits des salariés, notamment celui du repos hebdomadaire qui trouve pourtant toute sa justification dans l'existence d'un temps pour soi et pour la société”. 2)

Parti socialiste

Le parti Socialiste a effectué un volte-face à 180°.

Fin 2008, dans la période de débat de ce qui allait devenir la loi Macron, le Bureau National du parti Socialiste déclarait :

Le Parti socialiste réaffirme son attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays

Le Parti socialiste s’oppose avec force à la généralisation du travail le dimanche, telle qu’annoncée par le gouvernement, une nouvelle fois sans la moindre concertation avec les organisations syndicales.

Il rappelle que l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le commerce.

D’une part, autoriser l’ouverture inconditionnelle des magasins et usines le dimanche serait lourd de menaces pour les salariés. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, le libre consentement à une telle organisation du travail serait en pratique impossible à vérifier, en particulier en période de difficultés économiques, les possibles chantages à l’emploi anéantissant en réalité toute liberté de choix. Cette évolution aurait donc inéluctablement pour conséquence de contraindre des milliers de salariés à travailler le dimanche.

En outre, le Parti socialiste s’inquiète vivement des propos tenus par Monsieur Chatel ce week-end, qui laisse entendre que le doublement de la majoration salariale pour travail le dimanche pourrait être remise en cause.

D’autre part, autoriser l’ouverture des magasins le dimanche constituerait une rupture d’égalité injustifiable entre entreprises, notamment dans le commerce : en effet, seules les grandes enseignes auraient en réalité les moyens financiers et humains de faire travailler ainsi leurs salariés, ce qui créerait une situation de concurrence déloyale très défavorable aux petits commerçants et aux artisans. De l’avis de nombre d’experts, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient ainsi menacés dans le petit commerce.

Enfin, Le Parti socialiste réaffirme son attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, militante, et de l’harmonie de l’ensemble de la société.

Laisser entendre, comme le fait la majorité, que l’extension du travail le dimanche peut être une réponse aux problèmes des Français en matière d’emploi et de pouvoir d’achat, est une escroquerie comparable à celle que constitue le discours des 18 derniers mois sur les heures supplémentaires. Une nouvelle fois, ce gouvernement, incapable de relancer le pouvoir d’achat, tire prétexte des difficultés des Français pour justifier des régressions sociales majeures.3)

En avril 2012, François Hollande en campagne déclarait : Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai !

Europe Ecologie Les Verts

Martine Billard (Les Verts, maintenant Parti de Gauche) : “C’est une aberration pour la planète car l’ouverture un jour de plus des grandes surfaces et des galeries marchandes a un impact environnemental et énergétique indiscutable – éclairage artificiel, chauffage ou climatisation, déplacements un jour de plus en transports émetteurs de gaz à effet de serre. Cette surconsommation énergétique inutile, supérieure aux économies réalisées grâce au changement d’horaire hiver-été, est en totale contradiction avec le Grenelle de l’environnement.” 4)

François de Rugy (EELV) : Au-delà de toute considération philosophique, religieuse ou partisane, en 1906, avec la République, le repos dominical était devenu le jour de repos commun du plus grand nombre de Français. Il leur permettait de se reposer après une semaine de travail, de se retrouver en famille, entre amis, dans une association, dans un club sportif, de profiter de tous ces moments de détente ou de loisir qui échappaient encore au rouleau compresseur de l’économie, du commerce et de la consommation toute-puissante, au rouleau compresseur de l’argent roi.

La pause du dimanche a manifestement le tort de ne pas être prise en compte dans le calcul du PIB. Les belles paroles de Nicolas Sarkozy, il y a seulement quelques semaines, à Versailles, sur le modèle social français – dont la pause dominicale est pourtant l’un des symboles les plus anciens – n’auront donc pas tenu bien longtemps devant l’adoration du tout-marchand.

[…]Enfin, votre refus obstiné de faire un bilan précis des conséquences sociales de l’ouverture du dimanche déjà pratiquée par certains commerces sonne comme un aveu. Cela n’aurait pas manqué de faire apparaître ses conséquences négatives, notamment sur la vie de famille. Comment déplorer que des enfants soient livrés à eux-mêmes des journées entières si, dans le même temps, on incite par la loi – on les contraint même – un certain nombre de parents à travailler toute la journée du dimanche ? 5)

Jean-Louis Roumegas (Député EELV) a redit son opposition au projet Macron, “projet néfaste”, “recul pour les salariés de ce pays”, en Commission des Lois, et demandé la suppression de l'article 74, porteur de “très grande banalisation” du travail dominical dimanche.

MODEM

François Bayrou : « Je trouverais scandaleux qu’une partie de la population n’ait plus le droit à ce repos du dimanche établi depuis des siècles, a-t-il déclaré. Il y a des gens pour qui l’argent justifie tout. Pour ma part, j’estime qu’on ne doit pas faire de la société française une société tournée vers le commerce à tout prix, cela serait contraire aux droits des familles. L’argent ne doit pas tout diriger. »6)

Robert Rochefort (Député européen, MoDem) : « La généralisation de l’ouverture des magasins le dimanche préconisée par Nicolas Sarkozy est une mauvaise idée, et une très grave erreur. Ce n’est pas le temps qui manque aujourd’hui aux Français, mais l’argent, et cette mesure ne crée pas de pouvoir d’achat. En pratique, dans les centres-villes, les commerces alimentaires disposent depuis longtemps du droit d’ouverture dominical le dimanche matin. Beaucoup ont organisé des nocturnes pour s’adapter aux nouveaux modes de vie. Les seuls commerces qui éventuellement bénéficieront de cette mesure seront, comme d’habitude, les hyper et supermarchés, ce qui aggravera encore la situation des petits commerçants, déjà en grande difficulté. De plus, cette mesure, favorisera les discounters, accentuera encore la vente de produits importés d’Asie et jouera à l’encontre du « produire en France », seule perspective réelle de relance de l’activité économique dans notre pays. 7)

UMP

Le site de l'UMP ne comporte pas d'article concernant le repos dominical.

Nicolas Sarkozy à Rethel (2008) : “Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ? […] C'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus. Il faut quand même penser aux familles qui ont le droit, les jours où elles ne travaillent pas, d'aller faire leurs courses dans des magasins qui sont ouverts et pas systématiquement fermés.” 8)

DEBOUT LA REPUBLIQUE

Nicolas Dupont-Aignan (Président de Debout La République, Député de l'Essonne) : « Le travail du dimanche ne va pas remplir le porte-monnaie des Français car il faut déjà avoir un travail pour consommer. Il correspond à la logique d'une société qui n’a plus aucune âme, car il y a autre chose que la consommation dans la vie. […] Je suis très hostile à cette mesure. La société que je veux, ce n'est pas une société où les familles ne voient pas leurs enfants, où il y a des caissières à 700 euros qui travaillent le dimanche. C'est un désastre, je n'ai pas envie de cette société où l'argent fait tout »9)

Front National

Marine Le Pen : Le Front national-Rassemblement Bleu Marine exige une politique d’ouverture dominical ciblée prioritairement en faveur du commerce de proximité et excluant de fait les grandes surfaces. S’il est évident que les magasins de plus grande taille doivent pouvoir ouvrir le dimanche dans les secteurs les plus touristiques de la capitale, tant pour la santé de l’économie locale que pour le confort des visiteurs de notre capitale, ces ouvertures dominicales devront se faire systématiquement à l’avantage des salariés volontaires.10)

Wallerand de Saint Just : “Si l’ouverture de magasins le dimanche doit être autorisée, ce ne peut être au bénéfice de la « grande distribution ». Or, c’est ce qui se passe : seules les très grandes surfaces entendent forcer la main des pouvoirs publics et, avec cynisme, violer la loi et les décisions des tribunaux.”11)

Autorités spirituelles

Eglise Catholique

2174 Jésus est ressuscité d’entre les morts, “ le premier jour de la semaine ” (Mt 28, 1 ; Mc 16, 2 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1). En tant que “ premier jour ”, le jour de la Résurrection du Christ rappelle la première création. En tant que “ huitième jour ” qui suit le sabbat (cf. Mc 16, 1 ; Mt 28, 1) il signifie la nouvelle création inaugurée avec la Résurrection du Christ. Il est devenu pour les chrétiens le premier de tous les jours, la première de toutes les fêtes, le jour du Seigneur (Hè kuriakè hèmera, dies dominica), le “ dimanche ” :

Nous nous assemblons tous le jour du soleil parce que c’est le premier jour [après le Sabbat juif, mais aussi le premier jour] où, Dieu tirant la matière des ténèbres, a créé le monde et que, ce même jour, Jésus Christ notre Sauveur, ressuscita d’entre les morts (S. Justin, apol. 1, 67).

Le Dimanche – accomplissement du Sabbat

2175 Le Dimanche se distingue expressément du Sabbat auquel il succède chronologiquement, chaque semaine, et dont il remplace pour les chrétiens la prescription cérémonielle. Il accomplit, dans la Pâque du Christ, la vérité spirituelle du sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu. Car le culte de la loi préparait le mystère du Christ, et ce qui s’y pratiquait figurait quelque trait relatif au Christ (cf. 1 Co 10, 11) :

Ceux qui vivaient selon l’ancien ordre des choses sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le Jour du Seigneur, en lequel notre vie est bénie par Lui et par sa mort (S. Ignace d’Antioche, Magn. 9, 1).

2176 La célébration du dimanche observe la prescription morale naturellement inscrite au cœur de l’homme de “ rendre à Dieu un culte extérieur, visible, public et régulier sous le signe de son bienfait universel envers les hommes ” (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 122, 4). Le culte dominical accomplit le précepte moral de l’Ancienne Alliance dont il reprend le rythme et l’esprit en célébrant chaque semaine le Créateur et le Rédempteur de son peuple. 12)

Culte protestant

Pasteur Claude Baty (Président de la Fédération des protestants de France FPF) : “La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ?”. La multiplication des autorisations d'ouverture de magasins le dimanche, confirmerait, selon lui, “l'affirmation sans complexe du culte de la consommation animé par sa prophétesse publicité (…). Le supermarché est devenu le lieu de la célébration par excellence, où le travailleur fatigué s'enivre de musiques et de lumières pour mieux sacrifier dans la joie”. Tout en rappelant que la Bible préconise des jours de repos et de fêtes, “pour célébrer Dieu”, le pasteur souligne que ce temps doit être l'occasion de “réfléchir sur la finalité de son action”. “Pourquoi travailler plus ? Pourquoi gagner ? Pour qui ? Pour quelle vie ?” 13)

Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine : “Alertée par le projet de loi visant à ouvrir certains magasins le dimanche, l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine rappelle l’attachement des Églises au repos du dimanche. Dans l’esprit de la campagne « Notre dimanche n’est pas à vendre » des années 1990, nous affirmons une conviction théologique : l’instauration du sabbat biblique correspond à un besoin anthropologique et biologique ; ce jour de repos hebdomadaire est nécessaire pour l’équilibre de la société tout entière.”14)

Islam

Aucune position officielle, ni par l'UOIF, ni par le CFCM